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La calligraphie, un art religieux
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C'est aussi un noble
art, car il est propre à l'homme, qu'il distingue des
animaux. De plus il
révèle les pensées et les transmet
à distance. Il est l'instrument de la science,
du savoir (de la connaissance), des livres des anciens et de
leurs histoires.>>(p.251)
C'est
l'enseignement qui permet à l'écriture de
passer de la théorie à la pratique. Son
importance dans une ville dépend de l'organisation
sociale, du degré de civilisation et de luxe, et de
la demande car l'écriture est un art. Et l'on a vu
que les arts suivent la civilisation. C'est pourquoi presque
tous les Bédouins sont illettrés et ne savent
ni lire ni écrire. Ceux qui savent ont une
écriture grossière et une lecture
pénible. D'autre part, dans les grandes capitales,
l'enseignement de l'écriture est meilleur, plus
facile et plus méthodique, parce que la pratique en
est plus fermement établie. C'est ainsi qu'au Caire
il y a, dit-on, des maîtres calligraphes qui
apprennent à leurs élèves comment
mouler chaque lettre correctement et leur expliquent ensuite
comment enseigner à leur tour. Ainsi se fortifie le
respect pour la connaissance et pour une perception (hiss)
convenable de ses difficultés. La pratique atteint
alors la perfection. Tout cela provient du
développement des arts dans une société
laborieuse et policée Ce n'est pas
ainsi qu'on apprend à écrire en Espagne et au
Maghreb. Le maître ne fait pas écrire à
son élève chaque lettre
séparément. Il lui fait copier des mots
entiers . L'élève les reproduit et le
maître les corrige, tant et si bien que l'apprenti a
l'écriture au bout des doigts. On peut dire alors
qu'il est bon calligraphe.

L'écriture reproduit le langage, comme la parole exprime la pensée
Tous
deux doivent être des interprètes
clairs. Car Dieu a dit: « Il a
créé l'homme et lui a appris
l'exposé (al-bayân)" (L V, 3) - ce qui
inclut la clarté
d'expression». Les
calligraphes arabes écrivaient à
l'aide d'un tube de roseau ou qalam
taillé en biseau avec un bec fendu
jilfa conservé dans un «plumier
» (miqlama). La partie gauche du bec
est nommée insi (« humain
»), la partie droite wahshi («
sauvage»). Chaque type d'écriture
exigeant un qalam particulier. Compte
tenu du caractère ornemental des lettres
arabes, chaque aire culturelle arabo-musulmane et
chaque dynastie en a perfectionné le
tracé. Surtout les copistes qui ont
fixé par écrit les textes religieux,
car aucune écriture n'est trop belle pour
transcrire le Livre Saint et les paroles du
Prophète. D'abord
Bagdad sous l'empire Abbasside (750-1258).
Ensuite Bagdad cède la place à
Mashhad, à Tabriz et
finalement à Téhéran.
Sous l'influence de Yaqût
al-Musta'simî, les calligraphes persans ont
crée un style répondant à leur
goût artistique. Les Turcs ont suivi
l'exemple. Sous l'empire Ottoman (1299-1924) la
calligraphie arabe a trouvé son plein essor
et son véritable épanouissement. Le
style Turc s'est imposé comme un
modèle et une référence et la
ville d'Istanbul est devenue le centre de
l'art calligraphique musulman. C'est
le vizir abbasside Ibn Muqla (885-940),
lui-même calligraphe, qui a défini
avec rigueur ce qu'on nomme Aqlam i-sitta
(les Six styles), en mesurant les proportions des
lettres de l'alphabet: Le son,
rythme de base de passage du préverbal au verbal, du
corporel au métaphorique, du jeu de corps aux jeux
de mots, unité minimale de communication et de
différenciation. Et ce, qu'il
l'exprime en mots ou qu'il le symbolise dans le jeu par
l'intermédiaire d'une ficelle et d'une bobine
(Da-fort : ici-ailleurs) donne forme au contenu de la
pensée. Le langage
structure la pulsion (Bendahman H., 1989) et notre
imaginaire est structuré par la
langue. Il y a des
langues plus rêvantes que d'autres. Des mouvements de
corps et de lettres, on peut en rêver dans la
calligraphie arabe où le travail culturel de la
pulsion est l'oeuvre. Les mots ont
une base corporelle. Le mot est à la pulsion ce que
la ficelle est à la bobine. Le corps dans le corps de
la lettre, a calligraphie arabe, en fournit une superbe
illustration

La calligraphie arabe a plusieurs styles, on peut en voir des illustrations sur cette page
Textes tirés de la thèse d'État de Hossaïn BENDAHMAN
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